France : La diaspora gabonaise honore la mémoire des résistants Fabien Méré et Hervé Mombo Kinga
C’est dans une atmosphère empreinte de gravité et de solennité que la diaspora gabonaise de France s’est réunie ce samedi 7 février à Paris, devenue depuis la présidentielle de 2016 la ville-symbole de la lutte contre le régime d’Ali Bongo, combat que portait les deux illustres disparus. Dès 14h15, une messe d’hommage a été dite pour honorer deux figures tutélaires de la lutte politique gabonaise : Maître Fabien Méré et Hervé Mombo Kinga. Plus qu’une cérémonie religieuse, cet événement a été vécu comme un devoir de mémoire et un acte de résistance.
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Le calendrier fait bien les choses, ramenant les souvenirs à la surface avec une précision douloureuse. En ce mois de février 2026, la communauté gabonaise de l’hexagone a tenu à marquer son indéfectible attachement à ces deux hommes, disparus respectivement il y a cinq et quatre ans, qui ont consacré leur existence à la défense de la souveraineté du peuple principalement contre les affres du régime d’Ali Bongo les obligeant comme leurs pairs à la "résistance".
Des parcours brisés, un héritage vivace
Dans un climat de recueillement profond, familles, amis proches et anciens compagnons de lutte ont uni leurs prières pour saluer le courage de ces disparus aux destins tragiques mais inspirants :
Maître Fabien Méré, décédé le 27 janvier 2021 à l’âge de 62 ans. Avocat au barreau et ancien ministre, il avait choisi l’exil pour devenir la voix juridique et intellectuelle de la résistance gabonaise en France. Sa disparition brutale avait privé la diaspora de son éloquence et de sa maîtrise du droit, laissant un vide immense cinq ans plus tard.
Les deux "résistants" disparus
Hervé Mombo Kinga, disparu le 7 février 2022 à l’âge de 47 ans. Activiste acharné connu sous le pseudonyme de « Matricule 001 », il était devenu une icône de la cyber-dissidence. Son engagement lui avait coûté cher : arrêté en août 2017 pour avoir projeté des vidéos de sensibilisation politique dans des lieux publics à Libreville, il avait subi 17 mois de détention préventive à la prison centrale avant d’être relaxé en février 2019. Sa mort, survenue il y a exactement quatre ans jour pour jour, reste une blessure vive pour la jeunesse militante.
Au-delà du religieux, la transmission
Pour les organisateurs et les participants, cette messe du 7 février allait bien au-delà du simple rite religieux. Elle s’inscrivait dans une volonté affirmée de transmission. En se rassemblant à Paris, la diaspora a voulu rappeler que le combat pour la liberté du Gabon transcende les frontières géographiques et temporelles.
L’ambiance qui a prévalu
Cette commémoration a été l’occasion de réaffirmer une fidélité à l’histoire des luttes politiques gabonaises. Comme l’a souligné l’esprit de cette rencontre : « La mémoire est un acte de résistance ». La cérémonie s’est prolongée par un temps de fraternité, moment fort de communion et d’échanges. Ces retrouvailles ont permis de rappeler que l’héritage laissé par ces deux illustres combattants demeure une source d’inspiration intarissable, non seulement pour les générations présentes, mais aussi pour celles à venir, appelées à perpétuer la flamme de la revendication démocratique.
L’affiche de l’évenement
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