CEMAC : la Commission au bord de l’asphyxie suspend ses activités, faute d’argent dans ses caisses
La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a annoncé la suspension provisoire de ses activités, selon une note circulaire datée du 5 février 2026 à Bangui et rendue publique ce 6 février. Le document, signé par le président de la Commission, Balthazar Engonga Edjo’o, évoque une dégradation continue de la situation financière de l’institution sous-régionale.
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Dans cette note adressée aux « membres du gouvernement de la Commission de la CEMAC », le président indique que l’évolution des chiffres de trésorerie, régulièrement présentée par l’agent comptable central et l’agent comptable de la Commission, « révèle une dégradation continue de nos finances ». Les alertes auraient été récurrentes lors des travaux internes, notamment au sein des Conseils des ministres de l’UEAC et des réunions du Collège des commissaires.
Mission du vice-président et résultats jugés insuffisants
Face à cette situation, les deux dernières sessions du Conseil des ministres ont prescrit à la Commission d’engager un dialogue « franc » avec les États membres afin d’identifier des solutions durables. « C’est à ce titre que j’ai mandaté Monsieur le vice-président à l’effet d’effectuer une mission circulaire au sein des six (6) États membres de la Communauté », écrit le président.
La note officielle
Selon la note, la mission a déjà couvert quatre pays sur six , sans que les effets attendus ne soient visibles. « La situation financière de la Communauté s’avère être aujourd’hui plus que préoccupante, au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des institutions, y compris celui de la Commission », déplore Balthazar Engonga Edjo’o.
Suspension des activités, sauf missions « hautement stratégiques »
En conséquence, le président annonce une mesure radicale. « Compte tenu du très faible niveau actuel de la trésorerie disponible, j’ai le pénible mais impérieux devoir de suspendre toutes les activités et autres missions de la Commission de la CEMAC, en attendant l’amélioration du recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) », précise la note. Le document ajoute que « seules les activités et missions d’importance hautement stratégique seront autorisées ».
Cette décision intervient dans un contexte régional tendu, marqué par le sommet extraordinaire de la CEMAC du 22 janvier 2026 à Kintélé (près de Brazzaville), consacré à l’urgence économique et aux risques de choc monétaire dans la zone. Dans les capitales, plusieurs observateurs redoutent désormais des effets en chaîne sur le fonctionnement des organes communautaires et, plus largement, sur la coordination économique régionale, alors que certains États font déjà face à de fortes contraintes budgétaires.
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