FEGAFOOT : Mounguengui ne boude pas son plaisir de faire campagne... sans le moindre adversaire !
C’est une élection dont le résultat est connu avant même l’ouverture de la campagne. Et pourtant, depuis le lancement officiel de la campagne c jeudi 8 avril, les réseaux sociaux gabonais et certains médias en ligne sont inondés par les affiches d’un seul et même homme : Pierre Alain Mounguengui. Seul candidat en lice pour sa propre succession à la tête de la Fédération gabonaise de Football (FEGAFOOT), l’actuel président sortant et 3e vice-président de la CAF ne boude visiblement pas son plaisir de faire campagne... tout seul.
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Sur Facebook, X (ex-Twitter) ou dans les boucles WhatsApp, impossible d’échapper aux visuels frappés du slogan « PAM26 : Ensemble, fortifions nos acquis ». Costume cravate impeccable, mine solennelle, ballon de football soigneusement calé sous le bras ou entre les mains, le candidat unique déploie un arsenal de communication digne d’une élection présidentielle âprement disputée. Ses soutiens partagent massivement ces affiches, créant l’illusion d’une effervescence électorale pour un scrutin pourtant déjà plié d’avance.
Une communication déconnectée de l’opinion publique
Ce forcing numérique a de quoi laisser perplexe. Pourquoi déployer tant d’efforts pour convaincre les internautes gabonais, alors que ces derniers n’auront absolument aucun bulletin à glisser dans l’urne le 18 avril prochain à Mouila au cours de cette assemblée générale élective ? Le corps électoral de la FEGAFOOT est en effet restreint à une poignée de délégués et de présidents de ligues et de clubs.
Un des visuels de campagne du président déjà réélu
Plus paradoxal encore, cette campagne s’adresse à un public chez qui Pierre Alain Mounguengui jouit d’une opinion très majoritairement défavorable. Dans les sections commentaires, les internautes ne manquent pas de rappeler sa longévité de 12 ans à la tête de l’institution et, surtout, l’absence cruelle de résultats probants du Onze national. Les « acquis » que le candidat propose de fortifier suscitent l’ironie d’une population fatiguée par les désillusions répétées des Panthères du Gabon sur la scène continentale.
Un parfum de l’ère Omar Bongo
Pour de nombreux observateurs, cette omniprésence médiatique d’un candidat sans le moindre adversaire n’est pas sans rappeler les grandes heures du parti unique sous l’ère Omar Bongo qui adorait faire campagne sans opposant en face. À l’époque, l’absence d’opposition n’empêchait nullement le déploiement d’une propagande massive, destinée moins à convaincre qu’à asseoir symboliquement une domination totale sur l’espace public.
Le président sortant en campagne
En inondant la toile, le camp Mounguengui semble poursuivre ce même objectif : transformer une élection par défaut en un plébiscite d’apparat. Le 18 avril, à Mouila, le suspense sera inexistant. Pierre Alain Mounguengui sera réélu sauf coup de tonnerre de dernière minute. Mais sur le terrain numérique, cette campagne en solitaire ressemble davantage à un baroud d’honneur face à un public de supporters qui, depuis bien longtemps, a déserté les gradins de la FEGAFOOT made in Mounguengui.
@info241.com
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